ete 73

L'amitié homme-femme, c'est possible ?

Cette question est régulièrement sujette à débat, tant à la télévision qu'au cours du dernier dîner chez les amis et nombreux sont ceux qui ont des avis bien tranchés sur la question. Avis souvent teintés par leur propre expérience, évidemment.

Bien-sûr que l’amitié entre un homme et une femme est possible, même si nous ne l’avons jamais vécue, il y a assez d’exemples pour le reconnaître et l’inverse serait assez dommage, mais est-ce vraiment sous cette forme que ceux que cette question tourmente se la formulent ? Ce qui préoccupe bien plus, derrière la question, est de comprendre ce que l’on vit dans une relation affective avec un ou une amie, lorsque l’on se demande s’il s’agit d’amour ou d’amitié.

A mon sens, le débat est mal posé. Déjà parce qu’un flou artistique entoure ces deux sentiments et tout le monde fait comme s’il y avait un consensus évident, mais où est la frontière entre l’amour et l’amitié ? Est-ce que l’amour implique nécessairement sexualité ? Faut-il que l’autre me manque pour que je puisse dire que je suis amoureux ? Que se passe-t-il quand la passion se calme ? Est-ce toujours de l’amour ?

Chacun alimentera ce débat de son expérience, on se sentira d’accord dans les grandes lignes, mais dès qu’on aborde les questions plus précises, la conversation s’anime et l’on se rend vite compte qu’il n’y a pas vraiment de règles, et c’est tant mieux !

Il y a une multitude de façon d’aimer.

Il n’y a aucune frontière évidente pour tous entre l’amour et l’amitié. Et déjà, on peut établir une différence entre « aimer » et « être amoureux ». Notre vocabulaire est effroyablement peu nuancé en matière d’affectivité, puisqu’en ajoutant « bien » à côté du verbe aimer, on en diminue l’intensité ! On aime son chien, les spaghettis et son amoureux avec le même mot ! Cette pauvreté de vocabulaire est probablement liée en partie au fait que personne n’a jamais pu catégoriser ces sentiments en y collant des étiquettes bien lisibles, et heureusement !

Est-ce l’intensité du sentiment qui gradue amour et amitié ? Pas vraiment, on connaît des amitiés possessives et des amours pépères…

Est-ce l’exclusivité ? Pas plus, les exemples abondent.

Est-ce la sexualité ? Non plus, tout le monde sait qu’on peut désirer quelqu’un qu’on n’aime pas « d’amour » et aimer profondément quelqu’un avec qui la sexualité n’a jamais été importante. On peut vivre une sexualité flamboyante avec quelqu’un qui nous énerve bien trop pour avoir envie de vivre avec lui, alors qu’on peut n’avoir qu’un câlin dominical, voire mensuel et même aucun, avec celui ou celle dont on partage la vie et qu’on aime profondément.

Faut-il ressentir un sentiment de manque pour dire qu’il y a amour ? Bien-sûr que non, le manque, pas plus que la jalousie n’est un critère d’amour et ces émotions parfois douloureuses se retrouvent autant dans le domaine de l’amitié que de l’amour. On peut très bien avoir intensément besoin de sa meilleure amie et ne pas se sentir en manque de son partenaire de vie, ce sont des émotions qui évoluent avec le temps, avec l’âge et le développement de la personnalité.

Mais pourquoi tout cela fait-il débat ? Je pense qu’une partie de la réponse se niche dans les effets de l’hypermédiatisation de l’amour, sous une forme qui se vend bien : la passion. Depuis toujours, la passion amoureuse fait couler beaucoup d’encre, mais les livres, on peut choisir de les lire ou non. Alors que depuis quelques décennies, la télévision s’invite chez bon nombre d’entre nous à tous les repas et le film du soir est la plupart du temps un policier ou une histoire d’amour, dont se repaissent quotidiennement des milliers de gens. Pas plus l’un que l’autre n’est un reflet de la réalité habituelle, statistiquement représentative, mais qui aurait envie de regarder un film relatant la vie de Monsieur et Madame « Métro-Boulot-TV-Dodo » ? Cela ne se vendrait pas, pas plus que la vie tranquillement quotidienne d’une cité calme. Pour faire du fric, il faut vendre du rêve ou de la sensation forte, autant en amour qu’en violence. Il faut vendre des bagarres et des poursuites de bagnoles, de l’amour-toujours ou des drames passionnels…

Rien ne nous empêche de regarder. Tous les jours, si le cœur nous en dit ! Rien ne nous empêche de se faire peur ou de pleurer de bonheur devant le programme du soir, mais de grâce, un peu de recul ! Ce n’est en rien une référence !

L’amour, tout autant que l’amitié, sont des sentiments qui évoluent, qui prennent toutes sortes de forme, qui nous sont propres et personne n’est habilité à nous formater dans ce domaine, qui appartient à notre intimité.

Et finalement la question est un peu vaine, non ? Ce qui compte, c’est d’aimer ! Un peu, beaucoup, tendrement, passionnément, à la folie ou... comme on en a envie !

 

Ete 73

 

Ete 1973, grande tournée à travers la France et enchaînement avec plus de 200 galas, voire même jusqu'à 3 tours de chant dans la même journée. Malgré l'amour qu'à Mike de la scène et de son public, il est physiquement et moralement épuisé ; les concerts sont assiégés par la foule en délire, les fans se jettent sur lui et ne le laissent pas chanter, c'est l'hystérie. Mike a peur, angoisse, et est oppressé. L'artiste est prisonnier de son image de chanteur à « paillettes » alors qu'il désire simplement être reconnu pour son talent et sa voix.Le 6 octobre se déclenche la guerre de Kipour en Israël. Mike, exempté d'armé à cause de son opération de l'ulcère intervenue dans sa jeunesse, ressent le besoin de soutenir ses compatriotes en partant chanter sur le front et donner son sang pour les soldats de son âge. Son frère cadet est soldat vers le Sinaï, Mike a également gardé une trace et une blessure de la tragédie qu'a vécu sa mère pendant la guerre dans les camps de concentration. Il rentre très affecté et fragilisé face à l'horreur de la réalité.

Au début de l'année 1974, il défend son nouveau 45 tours, « Viens ce soir » qui déferle sur toutes les ondes. Mike sourit aux objectifs, devant les caméras, Mike est beau, Mike plaisante, Mike vit… Mais quand le rideau tombe, quand Mike se retrouve seul dans son grand appartement de Neuilly, la solitude le surprend parfois. Pourquoi tant de silence après tant de bruit ? Pourquoi un tel vide après tant d'amour ? En février, Mike repart au Canada pour la promotion de « Rien qu'une larme » qui se vend à plus de 120 000 exemplaires là-bas. Il y fête ses 27 ans en compagnie de celle qu'il aime, la belle Guita. Elle accepte de revenir avec lui à Paris. Mais Guita aime Moshé, elle va découvrir Mike et sa vie effrénée d'idole. Encore une fois, le Star-system aura raison de cette relation amoureuse, comme des précédentes.

Mike se retrouve à nouveau seul. Il se réfugie dans le travail, se met à sortir beaucoup en boîtes de nuit, multiplie les amours sans lendemain, rencontre des tas de nouvelles personnes. Il est pris d'une sorte de fureur de vivre. Il dort peu, ne tient plus en place, devient même paranoïaque. Il a l'impression d'être suivi, il achète un berger allemand pour se protéger. De qui ? Le sait-il vraiment ? A moins qu'il ne s'agisse de lui, tout simplement, de ce qu'il est en train de devenir…

Au cours du printemps 74, plusieurs de ses concerts sont émaillés d'incidents. Ainsi dans certains galas, il oublie des chansons, manque de s'évanouir…

C'est à cette époque qu'apparaît dans sa vie un certain Simon Wajntrob. Cet homme à la carrure imposante et au charisme évident, vend les oeuvres du célèbre peintre Salvador Dali et possède plusieurs chevaux de courses. Il rencontre le chanteur à l'issue d'un de ses spectacles. Entre eux, le contact ne tarde pas à s'établir. Wajntrob parle bien l'hébreu. Comme les parents de Mike,

il a perdu toute sa famille dans les camps de concentration. Cela les rapproche.

En juin 1974, Simon propose à Mike dont le contrat avec Gérard Tournier et Charles Talar arrive à échéance, de devenir son nouveau producteur. Mike accepte.


20 votes. Moyenne 5.00 sur 5.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site